Electronic System for Travel Authorization, un document réservé aux courts séjours

L'ESTA n'est pas un VISA

L’ESTA ou Electronic System for Travel Authorization est un document permettant aux ressortissants des États bénéficiant du programme d’exemption de visa d’effectuer de courts séjours aux États-Unis. Le gouvernement américain, dans un souci de renforcement de la sécurité aux frontières ainsi qu’à l’intérieur du pays, a mis en place un système de renseignements en ligne permettant de mieux contrôler les allées et venues sur le territoire.

À première vue, l’ESTA ressemble donc au visa, ce qui peut amener à de nombreuses confusions chez les non initiés à la pratique de ce système. Essayons ici de faire le point sur les différences entre ces deux systèmes.

Seuls les ressortissants des 37 pays signataires du programme peuvent obtenir l’ESTA

Tout d’abord, l’ESTA concerne uniquement les voyages à destination des États-Unis, même s’il est vrai que l’Australie avait déjà mis en place un système similaire, l’ETA. De plus, ce système ne s’adresse qu’aux trente-sept États bénéficiaires du programme d’exemption de visa, dont la plupart des pays d’Europe de l’Ouest et du Nord font partie, mais aussi le Chili, le Japon ou encore la Nouvelle-Zélande.

Ainsi, l’erreur générale est de considérer que l’ESTA se substitue simplement au Visa pour les ressortissants de ce programme. La réalité est sensiblement différente. Dans les faits, les bénéficiaires de ce programme peuvent en théorie voyager aux États-Unis pour une durée de 90 jours maximum sans l’habituel visa de tourisme ou d’affaires auparavant requis.

Cependant, avant d’entamer leur voyage, il est demandé aux voyageurs de remplir un formulaire en ligne appelé « ESTA » afin de s’enregistrer auprès des services compétents contrôlés par le gouvernement américain. Cette démarche se veut donc tout d’abord sécuritaire. Elle permet d’obtenir, par son caractère ponctuel, une meilleure traçabilité des entrées sur le territoire.

L’ESTA un outil de contrôle de l’immigration qui limite la durée de votre séjour

Contrairement au Visa, l’ESTA permet au service américain de l’immigration de contrôler en amont qui désire venir sur le territoire et pour quels motifs. Il est également conseillé de faire sa demande au moins 72 heures à l’avance. En général, la réponse (acceptation ou refus) est donnée de suite, mais certaines demandes nécessitent des contrôles supplémentaires et donc des délais supplémentaires.

Ce qui ne manque pas de poser un certain nombre de problèmes pour les professionnels, notamment les journalistes, qui sont amenés à se déplacer rapidement et de façon imprévue aux États-Unis. De plus l’ESTA, par sa durabilité de 90 jours maximum sur le territoire, ne peut pas concerner un certain nombre de personnes pourtant bénéficiaire du programme d’exemption de visa.

En effet, les professionnels effectuant un séjour long, comme les ingénieurs français, amenés à travailler six mois sur un projet par exemple, ou encore les étudiants étant généralement sur place pour dix à douze mois, ne peuvent rester sur le sol américain avec un formulaire ESTA. Pour ce type de déplacement, un visa est obligatoire. Or, une demande de VISA coûte relativement cher (par exemple, un VISA stagiaire coutera entre 1000 € et 1500 €, peu importe la durée).

Ainsi, il serait faux de penser que l’ESTA est le remplaçant littéral du visa aux États-Unis. Outre cette différence fondamentale, l’ESTA est également mis en place afin de faciliter les déplacements des voyageurs voulant effectuer de courts séjours sur le territoire. De cette manière, il permet d’éviter les longues et fastidieuses démarches inhérentes à la demande d’un visa auprès du gouvernement américain, et aussi éviter la confrontation physique avec un agent de l’ambassade américaine.

Comparons l’Electronic System for Travel Authorization au paiement sans contact

Dans une société hyperconnectée et mondialisée, l’ESTA facilite les démarches administratives au même titre – dans une autre mesure bien entendu – que le paiement sans contact offert désormais par les cartes bancaires. En effet, le paiement sans contact n’est rendu possible que sur de petites sommes quotidiennes et il est encadré par un quota hebdomadaire et monétaire à ne pas dépasser.

Il en est de même pour l’ESTA face au visa. Ce premier système permet à la fois aux voyageurs d’économiser du temps sur leurs courts séjours en même temps qu’il simplifie fortement les démarches administratives pour les services de l’immigration. Il n’est pas possible actuellement de voyager longuement sans visa aux États-Unis de la même façon qu’il n’est pas envisageable pour la plupart des gens de rendre possible l’achat d’une voiture par un paiement sans contact. Finalement, la différence fondamentale entre l’ESTA et le visa est une question d’échelle.