Comment préserver la validité de votre autorisation de voyage aux États Unis ?

Des règles doivent être respectées avec l'ESTA

Pouvoir voyager aux États-Unis sans être obligé de demander un VISA, c’est indéniablement une occasion qui ne se rate pas. Mais bien que l'ESTA vous offre cet avantage pratique, si vous ne comprenez pas très bien comment il fonctionne, il pourrait soudainement se retourner contre vous !

Une jeune touriste française en a justement fait les frais. Mais avant de vous parler de la tragique expérience de Sophie, voyons ensemble les 4 règles à respecter pour vous garantir la validité de cette autorisation de voyage un peu particulière.

Démarrez votre demande ESTA et recevez votre autorisation par email.

1 — La durée de votre séjour est limitée à 90 jours avec l’ESTA

L’ESTA vous donne droit à 90 jours sur le sol américain ! Ces 90 jours, vous pourrez en user comme bon vous semblera : à consommer entièrement lors d’un seul voyage ou à étaler sur une période plus large pour des entrées multiples. 90 jours néanmoins et pas un jour de plus !

Avant votre arrivée, vous devrez organiser votre retour de manière à ne pas dépasser le délai imparti, au risque d’avoir de sérieux problèmes avec le service de l’immigration : expulsion, arrestation, interdiction de séjour aux USA dans l’avenir, etc.

2 — Avoir un passeport valide fait partie des règles à respecter

Votre autorisation de voyage aux États-Unis est valable pendant deux années à partir de jour où vous l’obtenez. Ce qui explique pourquoi, pendant toute cette période, tant que vous n’aurez pas dépassé votre droit de 90 jours, vous pourrez aller et venir aux USA sans Visa.

Attention cependant ! L’ESTA n’est plus valide dès lors que votre passeport arrive à expiration. En renouvelant votre passeport, vous ne pourrez donc plus utiliser l’ancien, vous devrez en demander un nouveau.

Une fois les deux ans passés, vous devrez impérativement et obligatoirement quitter les États-Unis pour retourner dans votre pays natal ou ailleurs, mais en tous les cas, en dehors du continent. Bien qu’il soit possible de redemander l’ESTA en ligne, cette procédure ne pourra et ne devra se faire qu’en dehors du territoire américain.

3 — Utiliser votre ESTA pour visiter les autres territoires américains est tout à fait possible

L’ESTA vous autorise à aller et venir partout aux États-Unis, mais ne vous garantit en aucun cas l’accès aux autres territoires américains. La présentation de votre formulaire au poste-frontière ne vous permettra pas d’aller au nord, au sud ou au centre de l’Amérique. Cette décision appartient uniquement à l’agent de l’immigration responsable.

Notez également ceci : tout séjour, quelle que soit sa durée, dans les pays frontaliers américains est compté dans les 90 jours dont vous avez droit. Si vous passez une semaine au Mexique ou quelques jours au Canada, ces derniers seront pris en compte. Ils seront comptabilisés et déduits de votre droit de séjour, et ce, même si vous n’avez pas été à proprement parler aux États-Unis.

4 — Les règles spéciales de l’ESTA concernant la renonciation aux droits et l’immigration illégale

En décidant d’utiliser l’ESTA pour vous déplacer aux USA, vous renoncez parallèlement à tous vos droits ! Ce détail, pourtant très important, est rarement mentionné lorsque l’on parle du programme d’exemption de VISA, mais telle est bien la réalité : cette autorisation de voyage ne vous fait bénéficier d’aucune protection juridique en cas d’arrestation.

Voilà pourquoi, vous n’avez aucun intérêt à dépasser votre délai de séjours. Car une fois arrêté, vous serez considéré comme un immigrant illégal et même votre Ambassade et votre Consulat ne pourront intervenir pour vous venir en aide. Ayant renoncé à votre droit de recours par ailleurs, vous serez entièrement à la merci du service de l’immigration américain qui fera de vous ce que bon lui semblera.

Par ailleurs, depuis le 21 janvier 2016, de nouvelles règles ont été mises en place.

Le cas de Sophie, qui pensait pourtant respecter les règles de l’ESTA

L’histoire de Sophie a rapidement fait le tour du web, tant elle est émouvante, mais surtout révélatrice. Ayant reçu son autorisation de voyage pour un séjour de 90 jours, son incompréhension du système a effectivement fait de cette jeune touriste aimant voyager aux États-Unis une victime de choix.

Pour faire court, Sophie a fait l’erreur de croire que pour renouveler son ESTA, il lui suffisait de quitter les États-Unis ! En effet, lorsque son droit de séjours aux USA est arrivé à expiration, la jeune femme a décidé de louer une voiture pour se rendre à San Diego, où elle pensait pouvoir demander une nouvelle autorisation.

Ayant pris cette initiative sans rencontrer le moindre problème, lorsqu’elle épuise de nouveau ce qu’elle pense être son deuxième ESTA, elle décide donc de quitter les États-Unis pour se rendre au Mexique où elle comptait refaire une troisième autorisation. C’est là que les problèmes commencent !

Sophie se fait arrêter à la frontière par les officiers de l’immigration qui lui annoncent qu’en réalité, elle est en situation irrégulière. Sans le vouloir, la jeune Française s’est rendue coupable d’un très long dépassement de séjour. Malheureusement, n’ayant aucune raison valable pouvant justifier ce retard, elle se retrouve donc en garde à vue.

Elle découvre au fur et à mesure, après avoir contacté son Ambassade, qu’elle n’a également aucun droit. Désormais considérée et traitée comme toute immigrante illégale, du jour au lendemain, elle se retrouve emprisonnée dans un centre de détention, obligée de passer ses journées dans une toute petite cellule d’où elle n’a même pas le droit de sortir pour faire ses besoins, et avec pour seule couchette, le sol lui-même !

Quels sont les risques en cas d’invalidité de votre autorisation de voyage aux États Unis ?

Au final, Sophie aura passé deux mois dans ces horribles conditions jusqu’à ce que les autorités de l’immigration américaine se soient enfin décidées à l’expulser. Sa petite méprise lui a coûté un emprisonnement de deux mois dans les pires conditions, un rapatriement forcé et particulièrement humiliant, mais également une interdiction de séjour pour une durée de cinq ans !